Aujourd'hui étape de liaison entre les montagnes norvégiennes, ce grand arc dont les noces atlantiques nous offrent les fjords, et le golfe de Botnie - et retour au sud du Cercle Polaire.
Explicitons, corrigeons.
D'abord, certes, Kilpisjarvi est en Finlande, à l'extrémité d'un corridor qui abrite cette fameuse route des aurores boréales, Northern Lights, la E8. Cela me vaut d'ailleurs un terrible jet-lag, il y a une heure de décallage horaire avec la Norvège ou la Suède.
Le golfe de Botnie est le fond de la Baltique. Son port principal est Lulea, je pique un peu au sud, à Pitea pour une étape de confort et de luxe.
L'hôtel Lapland Kilpisjarvi est un des premiers hôtels de ce plateau désolé, situé un peu en retrait d'un long lac dont il tire son nom. Il pleuvait par intermittences quand j'y suis arrivé hier soir. Il a plu toute la soirée. J'en ai renoncé au sauna dans un bâtiment séparé au bord du lac… et il pleuvait encore ce matin, avec un petit 6,5°C. La réceptionniste avec qui je bavarde en règlant me dit que les prévisions annoncent des températures en dessous de zéro dès cette semaine. Elle sourit avec philosophie : « Winter is back again ! ». Brr.
Si l'hôtel n'a pas de vrai charme, sa cuisine est excellente. Le dîner, soupe crémée au saumon (avec de gros morceau de saumon et de patates), le traditionnel ragout de renne puis un étrange autant que savoureux dessert de fromage, de crème anglaise et de framboises orangées était vraiment très fin.
Cette injustice réparée, revenons à aujourd'hui.
Il y avait un peu de monde sur cette E8 des trois pays, des touristes et des travailleurs de la route. La Laponie est effet en plein boom touristique, malgré une météo difficile quand elle n'est pas impossible. Tout au long de cette route, comme je l'avais vu en Norvège ou en Finlande, des sentiers de randonnée sont aménagés, des aires de stationnement prévues. Il ne faut pas oublier que le stationnement des camping-cars est libre là bas… et donc qu'on en voit en masse (enfin, un tous les 20 à 50 km, quoi) aux points de pêche ou de marche. Sans atteindre à l'incroyable perfection finlandaise, quasiment pas un détritus en vue jusqu'à me rapprocher des villes. Je sens se profiler mes prochaines vacances : plus au nord qu'Hossa !
Les premiers torrents longés coulent vers le Kilpisjarvi. Par la suite, et jusqu'à prendre une paisible majesté, ils coulent vers la Baltique. C'est que passé la chaine occidentale, le relief se compose d'une succession de terrasses arasées par les glaciers qui se dirigent vers cette mer.
Des terres désolées du matin on passe en douceur aux forets, puis on retrouve les champs et les hommes, en l'occurrence des Suédois.
Et des Suédoises.
Structuration de la société ? les Suédoises sont de sorties, seules ou en petit groupe, parfois avec le chien. Une vision un peu plus étonnante, une femme sculpturale en justaucorps noir menant deux grands chevaux à la robe brune chaussé de noir – une image phantasmatique... Il faut bien dire que nous traversons un pays de cheval. Je m'attendais à cela plus au sud, mais dès la reprise des cultures, les haras et manèges se succèdent.
Au bord d'un lac, j'ai vu de loin deux gros volatiles, que j'ai photographiés au télé (Picasa !).
Lecteur ornithologue, au boulot !
Deux détours sur ma route, ou plutôt une inflexion, me mènent à deux villes minières : Gallivare (fer) et Jokkmokk (cuivre). Peu à dire, deux bourgs (encore en Laponie) tout verts et pimpants, au cœur de la prospérité de la région. Il y a bien sur deux saignées au cœur de la mine, mais pas l'ombre d'un terril ou de la saleté qui s'accrochent aux mines du « sud ». A Jokkmokk, j'ai découvert une drôle d'église du 19ème, « carrée », biscornue et trapue que vous verrez sur l'album photo sur Picasa.
J'ai déjeuné dans une station service (le plein pour le Tig, un « french » hot-dog pour moi - c'est eux qui le disent…).
Le flot qui descend des plateaux est exploité par paliers grâce à une suite de centrale hydro-électrique.
Juste avant d'arriver à Lulea, halte dans le village – église de Gammelstad (en fait, l'ancien Lulea avant que le chenal ne s'envase). Avec l'obligation de la messe dominicale, et compte tenu des conditions de déplacement du 16ème au 19ème siècle, la Réforme vit pousser des villages de minuscules maisonnettes autour des églises pour ne pas imposer un épuisant aller et retour dans la même journée. Celui-ci est parfaitement préservé et désormais inscrit au Patrimoine de l'Humanité. Une visite amusante, hors du temps.
Et ce soir, halte dans un hôtel du 19ème de Pitea (conçu pour accompagner l'arrivée du train), extérieur Art Moderne, intérieur idem, chambres ultra modernes. Beau et cher. Il donne sur une place avec sa petite église blanche et son parc. Et il pleut. Bien sur.
Mais comme on est dimanche, impossible de bénéficier du restaurant ou du sauna… ou du tarif Eté. On est de retour en période de travail, ici !
Diner donc … au Thaï en face, ma foi excellent.
Séance Blog et geotaggage.
Et dodo, longue route vers Falun demain.
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