mardi 11 août 2009

Hossa : Voir ou devoir, il faut choisir


Après une journée où tous les moyens (de transport) étaient excellents, ma dernière journée ici à Hossa s'est placée sous le signe de la relative contrainte.

Ce matin, je suis allé au camping voisin laver le linge de mes 10 premiers jours de vacances. A la petite boutique où j'ai déjà acheté les pansements, la commerçante répond à ma demande de washing machine, « Sprechen sie Deutch ». Je suis mal parti. Je lui dis en anglais que non, seulement anglais et français. Elle dit deux mots à sa complice en cuisine, et elle m'emmène à la machine, me donne la lessive et la met en route. Je m'installe un peu plus loin au bord du lac pour lire, retourne voir si tout va bien (ce qui est très théorique car c'est une machine à chargement par le haut, donc je ne vois rien – au fait, cela me surprend beaucoup car je croyais qu'il n'y avait que les français à utiliser ce type de machine), le même dame vient voir si j'ai un problème, et j'en profite pour lui demander àù étendre le linge. Il y a en effet des cordes à linge (du polypropylène bleu qui doit au moins faire un demi-centimètre, cela devrait résister !) fort bien cachées. Je retourne lire, et une renne et son faon tournicotent autour de moi.

Quand j'ai étendu mes affaires qui devraient bien sécher car il y du vent en rafale et de belles apparitions du soleil entre les nuages, je vais faire un tour à une supposée ferme de rennes. En fait c'est surtout un magasin avec des vidéos et un petit bar. Je prends un café et un gâteau maison (sorte de grosse brioche bien consistante mais très bonne avec une farce (sucre et beurre ?) que je n'identifie pas. Je discute avec la « fermière », qui m'explique qu'ils ont à eux 100 rennes, mais qu'en hiver ils en accueillent ici 400, car on ne peut les laisser en semi liberté comme l'été : vous comprenez, les loups les égorgent. El les ours, avant qu'ils n'hibernent. Bon, le ski de fond hors piste, cela vous dit ?

Je fais un tour avec elle autour du magasin (avant qu'ils ne se mettent aux rennes avec son mari, ses beaux-parents y élevaient des vaches, c'était l'étable), et des 4 rennes familiers deux se montrent. Elle me photographie alors que l'un d'eux mange dans ma main.

C'est l'occasion de mentionner que les rennes sont beaucoup plus élégants cette année. Non que la mode ait changé, enfin ce n'est pas sérieux, non, c'est qu'il a fait si humide (en juillet) et si chaud (maintenant) que la chute de leur bourre est complètement terminée, alors que l'an dernier ils avaient un côté pellagre. Ici, ils ont un pelage ras, dense, magnifique. Leurs bois sont encore couverts de duvet très vascularisé, et donc assez chaud au toucher (oui, j'ai pu chahuter avec le renne). Cette peau tombera à l'automne, et les bois apparaitrons dans leur aspect « corne », sans plus d'irrigation ni d'innervation. Cette adaptation n'est pas surprenante, ces animaux ont développé un ensemble de caractéristiques étonnantes pour s'adapter à une amplitude thermique de plus de 50°C, des toisons variables dont celle d'hiver est si isolante que la neige n'y fond pas, à une température du corps très différente selon les organes ou à un lait adapté à des conditions où des pis à la Pamela Anderson seraient un risque mortel : un femelle allaitante produit 20 cl de lait par jour pour son unique faon (oui, à peine une canette). Et avec ce « maigre » menu, le petiot passe en six mois de printemps et d'été de 4 à 40 kg. Dans la famille concentré nutritionnel, je me demande si on a mieux !

Après la pause rennes, je passe à l'est. Je veux dire que je prends une série de pistes qui m'amènent à la zone frontière, balisée en jaune, ce no-man's-land de 3 km de part et d'autre de la frontière. J'imagine Le Carré… comme il est interdit d'e franchir cette muraille virtuelle, je ne sais la part de la réalité et de la projection qui me la fait trouver plus sauvage.

A la fin de la guerre froide, Je retourne surveiller le séchage du linge, je retourne aussi certains vêtements, et je pars dans l'idée de faire un petit raid à kayak. Le permanent du centre nature est désolé, il n'a personne pour me poser au point de départ tout de suite, et après cela fera un peu tard. Il va falloir revenir ! Nous discutons un peu, et il m'indique une petite marche, prévue pour 12 km, selon lui très belle.

Me voila parti, en bermuda genre surfer, t-shirt et gilet multi poche, sans sac à dos ni appareil photo. Le périple commence là où je me suis baigné, et se poursuit en effet dans une enchainement très agréable d'eau et de pins, parsemé de rennes. Vous pouvez permuter les termes à votre guise.

Le ciel cependant s'obscurcit assez visiblement, au point qu'à 3 km de départ je décide de rebrousser chemin, alors que le tonnerre gronde au loin. Je presse le pas sur le retour et finit même carrément en courant le dernier kilomètre (plat, heureusement) alors que les gouttes d'éparses sont devenues vraie averse. Assez fier de moi, 16 km/h sur le dernier mille mètre. Comme quoi tout est dans la motivation.

Je sors le GPS de la poche de plastique où je l'avais abrité avant de rebrousser chemin, il est intact et c'est lui qui me donne ces infos.

Changement de t-shirt, celui que j'ai retiré me sert à m'essuyer.

Je retourne vers le linge. Ouf, il n'a pas souffert. Je le décroche, le ramène et le repasse

Tandis que j'écris, le ciel est à nouveau plombé, avec la sublime lumière des orages, et des rafales violentes secouent les pins qui me séparent du lac, dont les rides déferlent.

Quelques lignes de blog… Et voila pour aujourd'hui !

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